LA PEUR

Il y a des personnes qui vivent avec la peur depuis tellement longtemps… qu’elles ne savent même plus qu’elles ont peur.

La peur est devenue comme une vieille couverture lourde posée sur leurs épaules.

  • Elles se lèvent avec elle.
  • Elles mangent avec elle.
  • Elles dorment avec elle
  • Elles travaillent avec elle.
  • Elles sourient avec elle.

Et souvent… personne ne le voit.

Parce que certaines personnes ont appris à avoir peur en silence.

Très jeunes.

Parfois dans une maison où il fallait toujours faire attention.

  • Faire attention au ton de voix.
  • Faire attention aux regards.
  • Faire attention aux portes qui claquent.
  • Faire attention aux soupirs.
  • Faire attention aux bouteilles.
  • Faire attention aux colères.
  • Faire attention aux silences.

Alors le corps apprend.

Il devient comme un petit soldat.

Toujours prêt.

Toujours sur ses gardes.

Même quand il n’y a plus de danger.

Et un jour… cette personne grandit.

Mais son cœur, lui, continue de croire qu’il doit survivre.

Alors elle pense trop.

  • Elle analyse tout.
  • Elle s’inquiète.
  • Elle imagine le pire.
  • Elle veut contrôler.
  • Elle veut plaire.
  • Elle veut éviter les conflits.
  • Elle veut être parfaite.

Pas parce qu’elle est folle.

Pas parce qu’elle est faible.

Mais parce qu’au fond d’elle, il y a un enfant qui a déjà eu très peur. Un enfant qui n’a jamais vraiment senti qu’il était en sécurité.

Et souvent… les gens ne comprennent pas ça.

Ils disent :

  •  « Relaxe. »
  • « Arrête de penser. »
  • « T’exagères. »
  • « Voyons donc, il n’y a rien là. »

Mais pour quelqu’un qui vit avec la peur, il y a toujours “quelque chose”.

Parce que le cerveau blessé apprend à voir le danger partout.

  • Même dans les petites choses.
  • Même dans l’amour.
  • Même dans le bonheur.

Et c’est ça qui est triste.

Certaines personnes ont tellement vécu dans le stress… que la paix leur fait peur.

  •  Oui.
  • La paix.
  • Le calme.
  • Le silence.
  • La douceur.

Ça leur semble étrange.

Comme si quelque chose de mauvais allait arriver.

Alors quand tout va bien, elles deviennent nerveuses.

Comme si leur corps disait :

  • Attention… ça va sûrement mal finir
  • Imagine un chien qui a été battu toute sa vie.

Même quand tu tends doucement la main pour le flatter,  il recule.

Pas parce qu’il te déteste.

Mais parce que son corps se rappelle de la douleur.

Les humains aussi font ça.

Beaucoup plus qu’on le pense.

Et derrière plusieurs comportements difficiles…

il y a souvent simplement quelqu’un qui a peur.

  • Peur d’être abandonné.
  • Peur de déranger.
  • Peur de ne pas être aimé.
  • Peur d’être rejeté.
  • Peur d’être humilié.
  • Peur de revivre ce qu’il a déjà vécu.

Alors certaines personnes deviennent contrôlantes.

  • D’autres deviennent silencieuses.
  • D’autres fuient.
  • D’autres explosent.
  • D’autres consomment.
  • D’autres s’isolent.

Mais au fond…

La peur parle à travers elles. 

Et parfois… cette peur devient tellement forte qu’elle vole la vie.

La personne n’ose plus essayer.

  • Elle n’ose plus aimer.
  • Elle n’ose plus parler.
  • Elle n’ose plus rêver.
  • Elle survit. Simplement.

Comme quelqu’un qui marche dans une tempête depuis tellement longtemps… qu’il a oublié qu’il existe aussi des journées de soleil.

Petit exemple 

Imagine une petite fille de huit ans. Elle est assise à la table de la cuisine. Son père arrive du travail. Elle entend ses pas avant même qu’il ouvre la porte. Son ventre se serre. Elle regarde sa mère. Sa mère baisse les yeux. Le silence tombe dans la maison comme une grosse roche. Alors la petite fille commence à surveiller tout.

  • Le bruit des clés.
  • Le bruit des bottes.
  • Le ton de voix.
  • L’odeur d’alcool.
  • La vitesse des mouvements.

Parce qu’elle sait, qu’un seul petit détail peut faire tout exploser. Alors elle devient “bonne”. Très bonne.

  • Elle aide.
  • Elle se tait.
  • Elle sourit.
  • Elle ne demande rien.

Mais dans son cœur...  Elle tremble.

Et trente ans plus tard…

Cette femme ne comprend toujours pas 

  • pourquoi elle est anxieuse.
  • Pourquoi elle s’excuse tout le temps.
  • Pourquoi elle a peur quand quelqu’un change de ton.
  • Pourquoi elle pense toujours qu’elle dérange.

Son corps se rappelle encore. Même si les années ont passé.

Petit exemple 

Imagine maintenant un homme. Un homme grand et fort.

Tout le monde dit :Lui, il est solide. »

Mais personne ne sait qu’à l’intérieur…

Il panique dès qu’il sent qu’une personne qu’il aime s’éloigne. Quand sa conjointe lui répond moins vite, il s’imagine qu’elle va partir.

Quand quelqu’un semble plus froid…Son cœur tombe dans le vide.

Alors il devient :

  • Jaloux.
  • Contrôlant.
  • Insécure.

Pas parce qu’il veut faire mal. Mais parce qu’un jour…

Le petit garçon…

il a attendu toute une soirée que quelqu’un vienne le chercher. Et personne n’est venu. Alors aujourd’hui encore, son cœur a peur qu’on l’abandonne.

Tu vois…

La peur ne disparaît pas juste parce qu’on devient adulte.

Le corps garde des souvenirs que les mots ne racontent pas toujours.

Mais il y a aussi une bonne nouvelle. Une très grande bonne nouvelle.

La peur peut apprendre autre chose, oui.

  • Le cerveau peut changer.
  • Le cœur peut se reposer.
  • Le corps peut réapprendre la sécurité.

Tranquillement.

Pas en se forçant.

Pas en se jugeant.

Mais en se traitant avec douceur.

Souvent, les personnes blessées pensent qu’elles doivent devenir fortes.

Mais parfois…

la vraie force, c’est simplement d’arrêter de se battre contre soi-même.

C’est d’oser respirer.

C’est d’oser demander de l’aide.

C’est d’oser dire :  « J’ai peur. »

Parce qu’une peur qu’on cache devient souvent plus grosse.

Mais une peur qu’on accueille doucement, commence tranquillement à perdre son pouvoir. Et il faut comprendre quelque chose d’important.

La peur voulait te protéger.

  • Elle n’était pas ton ennemie.
  • Elle t’a aidé à survivre.
  • Elle t’a gardé éveillé.
  • Elle t’a gardé prudent.
  • Elle t’a gardé vigilant.
  • Elle a fait ce qu’elle pouvait.

Mais aujourd’hui, tu n’es plus obligé de vivre toute ta vie comme si tu étais encore en danger.

  • Tu peux apprendre autre chose.
  • Tu peux apprendre la paix.
  • Tu peux apprendre à respirer sans attendre une catastrophe.
  • Tu peux apprendre que tu as le droit d’exister sans avoir peur.

Et ça…

ça change une vie.

Parce qu’un jour, la personne commence à comprendre ceci : « Je ne suis plus ce petit enfant sans défense. »

Aujourd’hui, elle peut choisir.

  • Choisir qui entre dans sa vie.
  • Choisir ses limites.
  • Choisir de se protéger sainement.
  • Choisir de partir des endroits toxiques.
  • Choisir de demander de l’aide.
  • Choisir de se respecter.

Et tranquillement, la peur commence à perdre sa place.

Pas toute d’un coup.

Mais un peu à la fois.

Comme une tempête qui finit doucement par se calmer.

Et parfois…

dans le silence d’une soirée, la personne sent quelque chose de nouveau.

  • Un petit calme.
  • Une petite paix.
  • Un petit espace à l’intérieur d’elle.

Et elle réalise :

« Je suis encore vivant. Après tout ce que j’ai traversé…je suis encore là. »

Et ça…c’est immense.

Parce que plusieurs personnes qui vivent avec la peur pensent qu’elles sont brisées.

Mais non.

Elles sont souvent des survivantes qui n’ont jamais appris à se sentir en sécurité.

Ce n’est pas la même chose.

Et aujourd’hui…

si tu lis ces mots, j’aimerais te dire quelque chose de très important. Ta peur ne dit pas toujours la vérité.

Parfois…

elle raconte simplement une vieille histoire.

Une vieille histoire écrite dans ton cœur quand tu étais petit.

Mais aujourd’hui…

  • Tu peux écrire une suite différente.
  • Tu peux apprendre à vivre au lieu de seulement survivre.
  • Tu peux apprendre à déposer les armes.
  • Tu peux apprendre à faire confiance doucement.
  • Tu peux apprendre à t’aimer.
  • Même avec tes tremblements.
  • Même avec tes blessures.
  • Même avec tes peurs.

Parce qu’au fond, tu n’avais peut-être pas besoin d’être plus fort. Tu avais simplement besoin 

  • de sécurité...
  • d’amour...
  • de douceur…

et d’un endroit où ton cœur pouvait enfin respirer sans danger. Et peut-être que la guérison commence exactement là. Dans ce moment précis. Quand tu arrêtes enfin de te battre contre toi-même. Quand tu comprends que ton cœur n’était pas fou… Il était simplement fatigué d’avoir eu peur pendant trop longtemps.

Si ces mots ont mis de la lumière sur quelque chose en toi,

si tu t’es senti moins seul, si ça t’a fait réfléchir ou ça t’a fait du bien et si ça t’a permis de comprendre quelque chose, offre ce cadeau à quelqu’un d’autre :

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Tu pourrais changer la journée ou même la vie de quelqu’un aujourd’hui.

On ne sait jamais qui a besoin de lire ces mots-là.

Merci… pour toi, et pour tous ceux qui liront ce texte grâce à toi. 


Source: Daniel Lamontagne. Le poids du silence 

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